En esthétisant l’envers du décor, observons la mécanique de nos mouvances et permettons-nous la curiosité de regarder de quoi nous sommes tous constitués. Nos chairs deviennent objets où notre singularité disparaît. Le corps devient matière à réparation et modification.

 

Le corps médical permet ici à l’expression plastique de s’immiscer dans ses habitudes, dans son intimité et dans son environnement contrôlé. Ma simple présence photographique est un paramètre supplémentaire à prendre en compte, une non-fonction pouvant être dérangeante. On m’autorise la capture de vos corps sans identification possible. On me permet de voir une des plus grandes intimités individuelles d’individus inconnus.

 

Je tente alors de fabriquer un lien visuel entre nos consciences et nos organicités respectives en magnifiant les corps intérieurs par la photographie. Je fige notre organique mécanique créant une unicité de chair et de sang. Je fixe les mouvements, les techniques, les gestes et les regards d’individus masqués, cachés, ayant pour but de sauver, de réparer, d’apprendre, et de comprendre.

 

Tentons d’observer le corps humain avec un regard tinté de curiosité et de découverte. Voyons-le comme une matière qui nous est commune. Contemplons la beauté de ces dunes colorées, de cette chair découpée. Acceptons notre corps comme il est, à la fois fragile et fort, oeuvre d’art et monstruosité, rouge et puant, sale et organisé. J’offre aux personnes pour lesquelles le sommeil est perte de conscience, tout comme l’anesthésie générale est coma temporaire et où la mort apparaît comme illusion, un aperçu de ce que le corps vit quand nous sommes endormis.

By aestheticizing behind the scenes, let's observe the mechanics of our movements and allow ourselves the curiosity to look at what we are all made up of. Our flesh becomes objects where our singularity disappears. The body becomes a material for repair and modification.

 

The medical profession here allows plastic expression to interfere in its habits, its privacy and its controlled environment. My simple photographic presence is an additional parameter to be taken into account, a non-function that can be disturbing. I am authorized to capture your bodies without possible identification. I am allowed to see one of the greatest individual intimacies of unknown individuals.

 

I then try to create a visual link between our consciousnesses and our respective organicities by magnifying the interior bodies through photography. I freeze our mechanical organic creating a unity of flesh and blood. I fix the movements, techniques, gestures and gazes of masked, hidden individuals, with the aim of saving, repairing, learning, and understanding.

Let’s try to observe the human body with a gaze tinged with curiosity and discovery. Let us see it as a matter which is common to us. Let us contemplate the beauty of these colored dunes, of this cut flesh. Let us accept our bodies as they are, both fragile and strong, a work of art and a monstrosity, red and smelly, dirty and organized. I offer people for whom sleep is unconsciousness, just as general anesthesia is temporary coma and death appears to be an illusion, a glimpse of what the body experiences when we are asleep.

© 2020 by Lauren G.CAMPS