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DEMARCHE ARTISTIQUE


Lauren G. Camps est une artiste photographe plasticienne dont le travail s'étend sur une variété de médiums, allant de la photographie au photo-collage, en passant par la peinture, le moulage, le dessin, l'installation et l'édition. Sa démarche artistique est profondément ancrée dans l'exploration des frontières entre l'organique et le mécanique, l'humain et l'artificiel, tout en se concentrant sur l'exploration des limites du féminin au sein de nos sociétés et de nos représentations.


Elle s'interroge sur la nature de la perception et de la mémoire, cherchant à dévoiler les couches de l'identité à travers des œuvres qui mélangent réalité et fiction. En se consacrant exclusivement aux corps féminins qu'elle triture, décortique, décompose, déforme et assemble dans ses œuvres, elle utilise des couleurs audacieuses et vives afin de rendre accessible l'enfer au paradis. Par l'utilisation de la photographie médicale, elle révèle des aspects cachés du corps humain, jouant sur la tension entre l'intimité et la science, le personnel et l'universel. Son travail examine ainsi les tensions entre l'individu et les normes sociales, offrant une réflexion visuelle sur la manière dont notre environnement perçoit et traite les corps féminins.


Ses photo-collages et installations sont des méditations visuelles sur le temps et la transformation. En juxtaposant des éléments disparates, Camps crée des compositions qui interrogent la notion de permanence et de changement, nous invitant à réfléchir sur la fragilité de notre existence et la continuité de la vie. Chaque tableau est une déclaration artistique et émotionnelle, défiant les conventions et révélant la complexité et la puissance des corps féminins dans leur diversité.

Quelques indices sur l’œuvre de Lauren G. Camps, par Léon Mychkine, critique d’art, membre de l’AICA


Il y a des artistes qui ont des thèmes de prédilection, que l’on retrouve, d’œuvres en œuvres. S’agissant de Lauren G. Camps, c’est celui du corps ; le corps, dans différents  états  et  postures ;  des plus  anecdotiques  au  plus  problématiques, telles  ces  extraordinaires  photographies  produites en bloc  opératoire,  soit  la série  “Nos  masses  de  chair  ambulantes”,  réalisée  entre  2016  et 2018 ; certainement l’œuvre la plus marquante de son parcours, montrant au plus près les  chairs ouvertes,  coupées,  opérées,  dans  une  photographie  (au  sens  aussi cinématographique) très esthétique et en même temps insoutenable, parce que crue.

Mais il ne faudrait pas prendre la notion de « corps » dans la seule acception physique ; elle est traversée par des questions liées à l’identité, à la différence sexuelle, au sang, à la mort, le mythe de la vie éternelle. On peut évoquer l’œuvre “Clonez-moi”,  2018,  soit  une  « installation  de  fioles contenant  des  éléments organiques  humains  possédant  chacun  l’ADN  d’un  même  sujet  et  mis à disposition  afin  d’être  clonés » ;  ou  bien  “Corps  sacré  sacré  corps”,  2019, troublante hybridation, dans tous les sens du terme, entre dessin et réelles images de parties corporelles, à vif, à l’abandon, hermaphrodites…

Chez  G.  Camps,  une  question  traverse  le  thème  du  corps ;  celle  de  la dispersion ;  ouvrant à des interrogations  sur  la  modification  des  identités  en rapport  avec  celles  pratiquées  sur  le corps  même :  Jusqu’où  l’identité  reste identique à ce qu’elle était quand on modifie profondément son aspect ? Et, à ce  titre,  il  n’est  pas  anodin  que  l’artiste  ait  fait  un  stage  chez  ORLAN, parangon international de la mutation esthétique du corps vivant, pour le meilleur ou le pire.

Depuis deux ans, G. Camps a opéré un tournant dans son travail, en ne tirant que  des  cyanotypes, rehaussés  souvent  à  la  feuille  d’or  (“Parcelling  out”, “Thigten”, 2022). L’artiste confie qu’elle ne peut plus s’en passer, de ce bleu outremer, si typique du cyanotype. Et c’est en visitant une exposition d’Yves Klein  que  Camps  s’est  rendue  compte  qu’il  y  avait  quelques  points  de convergence entre l’œuvre du judoka et le sien. Mais cette coïncidence artistique ne saurait empêcher de regarder d’un œil candide les œuvres de Camps ; et ce d’autant plus que la variété des sentiments et des sensations qu’elles provoquent ne peut être étrangère au fait que nous avons affaire ici au travail d’une femme-artiste.

 

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